Samedi matin
Tous les samedis matins, devant mon ordi j’ecoute la radio israelienne et me regale des chansons qui ont berce ma jeunesse a Jerusalem. La distance et le temps n’attenuent pas cette merveilleuse sensation d’appartenance a un ciel, une terre. Je ne sais meme pas trop pourquoi j’ecris cela ce matin, peut etre parce que j’ai decouvert dans ma boite a emails l’inscription d’un premier lecteur de mon blog?
Mieux que mes mots voici un poeme initiatique que j’aime profondement depuis mon enfance, Voyelles, d’Arthur Raimbaut
si on ne peut l’ecouter , en voici les paroles
Voyelles
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;
U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges ;
- O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !