Un peu de lecture ?

La poesie , ou un beau texte me lavent l’esprit de tous les chagrins  aussi  j’ai extrait quelques lignes d’un texte  qui m’a touchée par sa forme et son contenu.

C’est aussi l’occasion de partager ces adresses qui  vous permettent de lire ou ecouter des textes de qualité, ce qui change du langage pauvre et sans esprit des medias  qui nous entourent et nous matraquent de leur mediocrité

Voila donc une adresse magnifique: LEXIGOLOS

et pour des audio livres: LITTERATURE AUDIO

voici donc l’extrait de la Dame d’Auteuil  que je souhaite partager:

“Lucien avait été mauvais garçon, comme tant d’autres ; il avait mené la vie d’artiste après la vie d’étudiant ; mais il n’était point de ceux que le plaisir blase ou tue. – Au rebours de ces pauvres natures, qui, téméraires dans leur faiblesse, attaquent étourdiment la vie aventureuse, se prennent un jour corps à corps avec elle, puis, s’affaissent bientôt pour s’éveiller, – honteux débris, – veufs à vingt ans de ce qu’ils appellent des illusions, revenu à lui, il s’était remis à marcher d’un pas ferme ; il était homme et se sentait au complet.

 

Mais par cela seul que ses sens n’étaient pas émoussés, que son cœur était demeuré vierge et son énergie entière, il fut, à vingt-cinq ans, une sorte d’exception bizarre au milieu de cette foule d’hommes alanguis par les excès. Il vécut d’une vie excentrique et changeante : tournant, pour ainsi dire, au vent de sa fougueuse inconstance ; nature chevaleresque et dévouée à l’excès, il lui eût été impossible de se baisser, pour passer par cette porte basse de la nécessité dont parle le grand poëte !

 

Et cependant, Lucien n’avait pour subsister que son art ; sa fortune, moins robuste que lui-même, avait succombé dès longtemps ; – il travaillait, mais par boutades, et son talent d’ailleurs n’était pas de ceux qu’affectionne la masse. De temps en temps, son ciseau produisait une ébauche devant laquelle ses confrères s’arrêtaient avec admiration ; mais avant que l’ébauche fût terminée, l’inspiration semblait se perdre en lui : et, soit nécessité, soit fantaisie, son atelier se remplissait ainsi d’œuvres inachevées.

 

Toutefois, malgré cette apparente impatience, Lucien avait en lui le germe de ces talents originaux qui sont destinés à triompher de l’inattention de la foule. Comme André Chénier, il se sentait dans le cœur et dans la tête la fièvre ardente, inquiète du génie, et sans qu’il sût précisément vers quel but il marchait, il comprenait que, quelque jour, le voile se déchirerait, et que la gloire apparaîtrait dans toute sa splendeur à ses yeux éblouis !…”

 Bien sur un lien associé au titre vous permettra de lire toute la nouvelle .  Et tout commentaire  est bienvenu. 

 Andre Chenier sera probablement mon prochain sujet d’inspiration; a suivre………….

 

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