Auteurs/Françoise T
"Messilat Yecharim" de Rabbi Moché Hayim Luzzatto le "Ramhal":
(1707-1746).
Aujourd’hui, malheureusement, on peut comprendre que tel qu’Il est décrit et glorifié, le Dieu d’Israël, l’éternel Tout Puissant, risque par certains d’être perçu comme une idole. En effet, au lieu d’être le peuple du Dieu vivant, le Dieu Un, le peuple d’Israël déchire de toutes parts, semble entre autre, être devenu le peuple d’une seule idole, une idole assoiffée de prières et de rites astreignants, et dont les exigences semblent parfois frôler la déraison. Il n’est alors pas étonnant qu’une partie des enfants Israël, malheureusement, se soit éloignée de Lui, et que nos jeunes aillent chercher la “vérité” aux quatre coins du monde.
Or le Ramhal nous explique, dès les premières phrases de son livre écrit il y a plus de 300ans, que Dieu ne nous a créés que pour nous délections de Lui, et jouissions de la splendeur de Sa présence (”Ziv Chrinato”), jouissance bien supérieure à tout ce que nous pouvons imaginer. Indéniablement, Dieu nous aime. Il nous aime d’un amour infini, comme un père aime ses enfants, sans discrimination entre le faible et le fort, l’instruit et l’ignorant, le pauvre et le riche, le religieux et le non religieux etc.
Il aurait pu nous créer de manière à ce que dès notre naissance et jusqu’à notre mort, nous Lui rendions cet amour sans même y réfléchir. Mais Il nous aime trop. Il nous aime tant, qu’au prix de nous voir s’éloigner de Lui, Il n’a pas voulu nous priver de ce qui nous est le plus précieux, de ce qui fait la différence majeure entre l’homme et les bêtes: le choix.
Priver un homme de la possibilité de choisir, c’est lui enlever sa dignité et avec elle, sa particularité.
L’homme naît avec le choix. Il a le choix d’aimer Dieu comme un fils qui aime son père et reconnaît tout ce que son père fait pour lui, mais il a aussi le choix de renier Dieu et de s’en éloigner.
En effet, le Ramhal nous enseigne derrière ses lignes, que malgré toutes les apparences, malgré la quantité et la diversité des choix que l’homme doit faire et des décisions qu’il doit prendre tout au long de sa vie, quelle que soit sa culture, quelles que soient ses facultés intellectuelles, à chaque pas, l’homme n’a réellement le choix qu’entre deux possibilités: celle d’aller vers Dieu et celle de s’en éloigner. Aller vers Dieu c’est aller vers le “Ziv Chrinato” et
Messilat Yecharim est une carte routière qui permet à chacun qui la suit d’atteindre le “Ziv Chrinato”.
Pour y arriver il y a un code de la route à respecter. Le Ramhal l’explique avec grande précision, en décrivant tous les obstacles que l’on peut trouver sur cette route et comment les éviter les contourner ou les affronter. Aucun détail n’est épargné.
Cependant ce code n’est certes pas comme on pourrait l’imaginer un emploi du temps chargé de prières, de rites ou de jeûnes.
C’est un code universel qui enseigne la connaissance de soi, le respect et l’amour de soi et de l’autre. Un code d’une simplicité fulgurante, et d’une clarté époustouflante. Sonder vos cœurs sans répit, dans chacun de vos actes, dans chacune de vos pensées. Apprenez à vous connaître, apprenez à vous aimer, à accepter ce que vous ne pouvez changer et à améliorer le reste. Débarrassez-vous de tout ce qui n’est pas “vous”. Déshabillez-vous de ces couches ridicules d’orgueil d’envie et de peur, qui au lieu de vous protégez vous éloigne de votre protecteur, le Dieu tout-puissant qui a crée la terre et les cieux. N’ayez crainte de paraître nu devant votre créateur. C’est lui qui vous a fait; il vous connaît mieux que vous-même, et vous aime pour ce que vous êtes. Voila ce qu’enseigne le Ramhal, avec une connaissance sans pareil de l’âme humaine, à côté de laquelle, les enseignements que vont chercher nos jeunes en Inde par exemple, ont l’air plutôt pâles et même puérils.
Ce code est très strict, car quand il est question de vie ou de mort, comment pourrait-il en être autrement? Cependant il ne faut pas entendre le “Ziv Chrinato” comme un lieu exotique et mystérieux, comme une sorte de club privé dont l’entrée serait réservée à une élite. Le Ramhal nous dit que non seulement le “Ziv Chrinato” est accessible à tous, à tous ceux qui sont prêts à prendre la route et à en respecter le code, mais que c’est ce lieu même où chaque homme désire parvenir. Dans un langage moderne et limité on pourrait appeler ce lieu la réalisation de soi; mais c’est bien plus: c’est ce lieu où la “lumière de l’homme” brille de tous ses feux. La “lumière de l’homme” est entre guillemets car l’homme en lui-même n’a pas de lumière, si ce n’est celle de Dieu qui s’y reflète.
A prime abord la tâche semble extrêmement difficile, pratiquement insurmontable et pourtant le Ramhal nous rappelle tout le long du livre à quel point c’est simple: “Ve ze pachut”. Un peu comme lorsqu’on doit faire des excuses: cela demande parfois un effort qui semble insurmontable et pourtant c’est si simple de dire “pardon”.
Le peuple d’Israël attend le messie mais le Ramhal nous fait comprendre qu’en réalité c’est Dieu qui “attend” le peuple Israël. Dieu n’attend pas, comme on pourrait le croire, que le peuple Israël lui récite des psaumes à longueur de journée ou que les fils Israël soient tous vêtus de noir et que les filles Israël portent des perruques ou des bas en plein été. Dieu attend les enfants Israël comme un père qui attend que ses enfants grandissent et deviennent ces êtres magnifiques auxquels il a donné la vie, chacun avec sa particularité, chacun avec sa lumière.
Chacun de nous est une image de Dieu, un miroir qui reflète une des nombreuses facettes de Dieu. Nettoyer et faire briller ce miroir afin que
cet article est publié sur TERRE d’ISRAEL : http://www.terredisrael.com/wordpress/?p=1239
Comment by mijane — June 5, 2008 @ 2:41 am