l’algerie celle de mon enfance ,
etait en forme d’esperance
c’etait bien avant les errances
avant le temps de la souffrance
c’etait, elle etait, la france.
elle etait le rire de mon pere
les yeux d’emeraude de ma mere
les jeux sous l’oeil de mon grand pere
les dentelles de ma grand mere
et surtout et toujours la mer.
le credo c’etait nous d’abord
et le soleil saupoudrait d’or
notre realite ca alors!
et puis sont venus nos quinze ans,
et leurs longues plages de temps
l’angoisse remplacait les plans
qu’on fait en guettant ses vingt ans
l’avenir n’etait pas tentant.
dans l’algerie de mes vingt ans,
les larmes eurent le gout du sang
du sel, de reves mouvants.
nous vivions en technicolor
nous voulions que ca dure encore
tu partiras disait le vent
nous resterons disaient les gens
et sachant bien qu’ils se mentaient
ils s’obstinaient a emietter
les derniers morceaux d’une histoire
fleurant la mer et le terroir.
dans l’algerie de mes vingt ans
les larmes avaient le gout du sang.
l’algerie de mes soixante ans
n’ est rien qu’une douloureuse absence
sans elle je m’en vais boitant.
dans une chappe de silence
j’ai enfoui mes nostalgies
et les dedales de ma ”malvie”
ils sont la bas mes disparus
ils m’attendent au coin d’une rue
nous n’aurons pas eu d’avenir
nous ne voulions pas du passe
nous ne pouvons pas revenir
vases brises, vases casses
En cette fete de Pourim des souvenirs se reveillent mais si flous que j’ai du demander a mon amie Claudine de me raconter l’histoire du Pourim d’Alger . Voici donc cette histoire telle qu’elle me l’a ecrite:
“C’etait au 16eme siecle, a un siecle pres je ne me trompe jamais. l’algerie etait aux mains des turcs lorsque charles quint eut soudain la brillante idee que pour renflouer ses caisses il avait besoin d’assieger alger et de s’emparer des juifs et surtout de leurs tresors. il envoya sous les ordres de son fis une partie de sa flotte et se mit en devoir d’obtenir ce qu’il desirait. Il semblerait que devant la menace les turcs n’auraient pas eu trop de mal a accepter ses conditions, mais les rabins, influents en ce temps la firent alors une proposition, ils iraient eux memes parlementer avec l’amiral qui commandait l’armada et se faisaient forts de sauver leurs ouailles si a defaut de leurs biens. apres avoir dument recommande aux juifs de jeuner et de rester en priere, ils s’embarquerent avec la benediction des autorites dans deux “pasteras” remplies d’or et de bijoux, a la nuit tombee. helas pour la flotte espagnole, une miraculeuse et terrifiante tempete, ravagea les cotes algeriennes un tsunami dirait on aujourd’hui. au matin les juifs ebahis et eplores purent constater que les sept iles qui protegeaient en ce temps la la baie d’alger avaient totalement disparu sauf une, et que tous les bateaux de la flotte de charles quint avaient ete detruits . sauf un. persuades que le triste sort avait eu raison de leurs veneres rabins les juifs les pleuraient deja, je suppose qu’ils pleuraient egalement leurs tresors perdus pour rien mais cela la legende ne le dit pas, lorsqu’ils furent retrouves sur une plage miraculeusement epargnee, dormant paisiblement a cote des pasteras intactes et remplies de tous les tresors. c’est depuis que l’on fete le “purim d’alger en allumant des bougies dans des oranges qui symbolisent les iles et en faisant les galettes blanches garnies de bonbons dores , argentes et de toutes les couleurs qui representent l’ecume de la mer qui les a sauves et les bijoux retrouves. je ne sais pas si l’explication est traditionnelle ou si je l’ai inventee pour mes filles mais le siege d’alger est mentionne dans les livres d’histoire et aussi le ras de maree. j’ai aussi connu quand j’etais enfant une petite synagogue toute en bois construite disait on avec les morceaux des bateaux. Elle appartenait a la famille de Colette et j’ai appris par ma mere que la gardienne en etait une des ses grands tantes.”