By Marie-Jeanne, on May 3rd, 2010%
Arthur Rimbaud Les pauvres a l’église (écouter la lecture du poème)
Les pauvres à l’église
Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d’église
Qu’attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeux
Vers le chœur ruisselant d’orrie et la maîtrise
Aux vingt gueules gueulant les cantiques pieux ;
Comme un parfum de pain humant l’odeur de cire,
Heureux, humiliés comme des chiens battus,
Les Pauvres au bon Dieu, le patron et le sire,
Tendent leurs orémus risibles et têtus.
Aux femmes, c’est bien bon de faire des bancs lisses,
Après les six jours noirs ou Dieu les fait souffrir !
Elles bercent, tordus dans d’étranges pelisses,
Des espèces d’enfants qui pleurent à mourir.
Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe,
Une prière aux yeux et ne priant jamais,
Regardent parader mauvaisement un groupe
De gamines avec leurs chapeaux déformés.
Dehors, le froid, la faim, l’homme en ribote :
C’est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms !
- Cependant, alentour, geint, nasille, chuchote
Une collection de vieilles à fanons :
Ces effarés y sont et ces épileptiques
Dont on se détournait hier aux carrefours ;
Et, fringalant du nez dans des missels antiques,
Ces aveugles qu’un chien introduit dans les cours.
Et tous, bavant la foi mendiante et stupide,
Récitent la complainte infinie à Jésus,
Qui rêve en haut, jauni par le vitrail livide,
Loin des maigres mauvais et des méchants pansus,
Loin des senteurs de viande et d’étoffes moisies,
Farce prostrée et sombre aux gestes repoussants ;
- Et l’oraison fleurit d’expressions choisies,
Et les mysticités prennent des tons pressants,
Quand, des nefs où périt le soleil, plis de soie
Banals, sourires verts, les Dames des quartiers
Distingués, – ô Jésus ! – les malades du foie
Font baiser leurs longs doigts jaunes aux bénitiers.
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By Lano, on January 21st, 2010%
pour eliah si brillante dans la lumiere du jour
pour liora l’intense toute habitee d’elle meme
pour caline qui rit , qui chante mais pas toujours
ont l’air de dire ses soeurs autorites supremes
tu enfiles les perles de l’amour infini
pour un temps des surprises qui jamais ne finit
tu prepares des repas qui ont gout de tendresse
tu inventes des robes chinoises ou de princesses
elles vont venir tes belles tes espoirs ta richesse
princesses ou chinoises elles partent en voyage
debarquent avec toi au pays des images
elles y ont tous les droits ,c’est la maison du reve
elles vont pouvoir creer , imaginer, sans treve
ouvrir toutes les portes decouvrir tous les mondes
tu leur donnes les clefs pour entrer dans la ronde
et danser sur un pont qui n’est pas d’avignon
c’est le pont on peut rire ou c’est le pont mignon
c’est le pont des merveilles le pont des arts peut etre
c’est le pont des grands meres et on peut tout y mettre
demain il fera froid elles ne seront pas la
mais aujourd’hui c’est fete, tristesse on n’entre pas
c’est le jour des folies et du tout est permis
c’est mercredi, cheries, c’est le jour de mamie
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By Lano, on January 20th, 2010% sanchos pancas railles par les moulins a vent
dons quichottes vieillissants sans apres sans avant
nous ecrivons des lettres a ceux que nous aimons
a leur morsure critique toujours nous les cachons
par peur par orgueil ou fausse negligence
ou parce qu’en face d’eux s’etiole notre enfance
ils vivent avec nous et nous vivons par eux
au pays d’un toujours qui toujours nous emeut.
leurs pieds sont enfonces dans le sol du passe
dans le tissu d’un ciel par leurs reves tisse
leurs regards prisonniers leurs rires gaspilles
dans le silence hurlant ne cessent de crier
ils nous avaient appris les secrets de la pluie
les secrets de la vie qu’on affronte et qu’on fuit
ils nous disaient avance ne te retourne pas
de la femme de loth souviens toi n’oublie pas.
cette histoire, ton histoire ne t’en detourne pas
sur ses eaux emporte, embarque malgre toi
perclus de doutes, orphelin sevre de sa foi
endeuille de ton toi et revant de nos reves
tu n’as pas d’autre choix qu’une pousuite sans treve
tu ne peux aborder qu’au quai de verite
elle n’existe jamais que dans l’eternite.
quand ils nous ont quittes ils n’ont pas disparu
nous les portons a coeur et il s’est mis a nu
blesse, meurtri, dolent et toute honte bue
forteresse vaincue au temps il s’est rendu.
blesse , meurtri , et toute honte bue
mais que dans l’eternite
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By Lano, on January 19th, 2010% les enfants naissent une breve une longue
les enfants revent une longue une breve
les enfants vivent une breve une longue
les enfants meurent une longue une breve
ils nous aident a croire a la vie , a l’amour
ils brisent le carcan des heures et des jours
pour nous, ecarteles, prisonniers de nos peurs
ancres au quotidien qui erode et saborde
ils ecrivent bonheur sur notre ephemeride
nul besoin de leur dire que l’age n’est qu’un leurre
invente par tous ceux eperdus de douleur
qui voient s’enfuir le temps de leur esprit d’enfance
sans l’avoir protege au temps de leur errance
ils ont su accrocher leurs sourires a nos larmes
et de toutes nos rides il nous ont fait des armes
et nous les “trop d’annees” permanents ecorches
a leurs instants magiques nous sommes attaches
enfants ils naissent une breve une longue
enfant ils revent une longue une breve
enfants ils vivent une breve une longue
enfants ils meurent une longue une breve.

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By mijane, on January 5th, 2010% William Henley a écrit:Invictus (invincible)
Dans la nuit qui m’environne,
Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Je loue les dieux qui me donnent
Une âme à la fois noble et fière.
Prisonnier de ma situation,
Je ne veux pas me rebeller,
Meurtri par les tribulations,
Je suis debout, bien que blessé.
En ce lieu d’opprobre et de pleurs,
je ne vois qu’horreur et ombres
les années s’annoncent sombres
mais je ne connaitrai pas la peur.
Aussi étroit que soit le chemin,
Bien qu’on m’accuse et qu’on me blâme:
Je suis maître de mon destin;
Et capitaine de mon âme.
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By Blanche, on August 9th, 2009%
Le dormeur du val
C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Voyelles
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;
U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges ;
- O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
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By Marie-Jeanne, on May 28th, 2009% Marceline DESBORDES-VALMORE
Recueil : Elégies
La maison de ma mère
Maison de la naissance, ô nid, doux coin du monde !
Ô premier univers où nos pas ont tourné !
Chambre ou ciel, dont le coeur garde la mappemonde,
Au fond du temps je vois ton seuil abandonné.
Je m’en irais aveugle et sans guide à ta porte,
Toucher le berceau nu qui daigna me nourrir.
Si je deviens âgée et faible, qu’on m’y porte !
Je n’y pus vivre enfant, j’y voudrais bien mourir,
Marcher dans notre cour où croissait un peu d’herbe,
Où l’oiseau de nos toits descendait boire et puis,
Pour coucher ses enfants, becquetait l’humble gerbe,
Entre les cailloux bleus que mouillait le grand puits !
De sa fraîcheur lointaine il lave encor mon âme,
Du présent qui me brûle il étanche la flamme,
Ce puits large et dormeur au cristal enfermé
Où ma mère baignait son enfant bien-aimé.
Lorsqu’elle berçait l’air avec sa voix rêveuse,
Qu’elle était calme et blanche et paisible le soir,
Désaltérant le pauvre assis, comme on croit voir
Aux ruisseaux de la bible une fraîche laveuse !
Elle avait des accents d’harmonieux amour
Que je buvais du coeur en jouant dans la cour.
Ciel ! Où prend donc sa voix une mère qui chante
Pour aider le sommeil à descendre au berceau ?
Dieu mit-il plus de grâce au souffle d’un ruisseau ?
Est-ce l’éden rouvert à son hymne touchante,
Laissant sur l’oreiller de l’enfant qui s’endort,
Poindre tous les soleils qui lui cachent la mort ?
Et l’enfant assoupi, sous cette âme voilée,
Reconnaît-il les bruits d’une vie écoulée ?
Est-ce un cantique appris à son départ du ciel,
Où l’adieu d’un jeune ange épancha quelque miel ?
Merci, mon Dieu ! Merci de cette hymne profonde,
Pleurante encore en moi dans les rires du monde,
Alors que je m’assieds à quelque coin rêveur
Pour entendre ma mère en écoutant mon coeur :
Ce lointain au revoir de son âme à mon âme
Soutient en la grondant ma faiblesse de femme ;
Comme au jonc qui se penche une brise en son cours
A dit : ” Ne tombe pas ! J’arrive à ton secours. ”
Elle a fait mes genoux souples à la prière.
J’appris d’elle, seigneur, d’où vient votre lumière,
Quand j’amusais mes yeux à voir briller ses yeux,
Qui ne quittaient mon front que pour parler aux cieux.
A l’heure du travail qui coulait pleine et pure,
Je croyais que ses mains régissaient la nature,
Instruite par le Christ, à sa voix incliné,
Qu’elle écoutait priante et le front prosterné.
Vraiment, je le croyais ! Et d’une foi si tendre
Que le Christ au lambris me paraissait l’entendre :
Je voyais bien que, femme, elle pliait à Dieu,
Mais ma mère, après lui, l’enseignait en tout lieu.
L’ardent soleil de juin qui riait dans la chambre,
L’âtre dont les clartés illuminaient décembre,
Les fruits, les blés en fleur, ma fraîche nuit, mon jour,
Ma mère créait tout du fond de son séjour.
C’était ma mère ! ô mère ! ô Christ ! ô crainte ! ô charmes !
Laissez tremper mon coeur dans vos suaves larmes ;
Laissez ces songes d’or éclairer les vieux murs
Des pauvres innocents nés dans les coins obscurs ;
Laissez, puisqu’ici-bas nous nous perdons sans elles,
Des mères aux enfants comme aux oiseaux des ailes.
Quand la mienne avait dit : ” Vous êtes mon enfant ! ”
Le ciel, c’était mon coeur à jour et triomphant ! …
Elle se défendait de me faire savante :
” Apprendre, c’est vieillir, disait-elle, et l’enfant
Se nourrira trop tôt du fruit que Dieu défend,
Fruit fiévreux à la sève aride et décevante.
L’enfant sait tout qui dit à son ange gardien :
- ” Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien ! ”
C’est assez demander à cette vie amère,
Assez de savoir suivre et regarder sa mère,
Et nous aurons appris pour un long avenir
Si nous savons prier, nous soumettre et bénir ! ”
Et je ne savais rien à dix ans qu’être heureuse,
Rien que jeter au ciel ma voix d’oiseau, mes fleurs ;
Rien, durant ma croissance aigüe et douloureuse,
Que plonger dans ses bras mon sommeil ou mes pleurs.
Je n’avais rien appris, rien lu que ma prière.
Quand mon sein se gonfla de chants mystérieux,
J’écoutais notre-dame et j’épelais les cieux,
Et la vague harmonie inondait ma paupière ;
Les mots seuls y manquaient, mais je croyais qu’un jour
On m’entendrait aimer pour me répondre : amour !
Les psaumes de l’oiseau caché dans le feuillage,
Ce qu’il raconte au ciel par le ciel répondu,
Mon âme qu’on croyait indolente ou volage,
L’a toujours entendu !
Et quand là-bas, là-bas, comme on peint l’espérance,
Dieu montrait l’arc-en-ciel aux pèlerins errants,
S’il avait ruisselé sur ma vierge souffrance,
La nuit se sillonnait de songes transparents ;
Et sur l’onde qui glisse et plie, et s’abandonne,
Quand j’avais amassé des parfums purs et frais,
En voyant fuir mes fleurs que n’attendait personne,
Je regardais ma mère et je les lui montrais.
Et ma mère disait : ” C’est une maladie,
Un mélange de jeux, de pleurs, de mélodie :
C’est le coeur de mon coeur ! Oui, ma fille ! Plus tard,
Vous trouverez l’amour et la vie… autre part. ”
Innocence ! Innocence ! éternité rêvée !
Au bout des temps de pleurs serez-vous retrouvée ?
êtes-vous ma maison que je ne peux rouvrir ?
Ma mère ! Est-ce la mort ? … je voudrais bien mourir !
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By Lano, on February 11th, 2009% un deuxieme poeme culinaire, je ne me souviens pas en quelle occasion je l’ai ecrit.
vingt a trente beignets vous ferez
1kg de farine prendrez
un oeuf vous utiliserez
quand a l’huile, une cuilleree
50grs de levure de biere
du sel, une petite cuillere
de l’huile a frire et puis de l’eau
vous avez tout ce qu’il vous faut.
dans de l’eau tiede, 1/2 verre
on dissout la levure de biere
dans un recipient assez grand
on melange tous les ingredients
on malaxe mais pas brutalement
on ajoute de l’eau forcement
la pate est molle, blanche, lisse
sous un torchon elle se glisse
une heure durant elle se repose
s’etire, s’arrondit, prend des poses
et reve qu’elle s’est transformee
en vingt ou trente petits beignets
dores , sucres , ou bien sales
un vrai plaisir pour nos palais!
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By Lano, on February 11th, 2009% voila une premiere recette ce n’est pas encore la pate de coings c’e sont les coings au syrop.
dans une coupe en verre teinte
un kg de coins bien peles
soigneusement epepines
et au citron dument passes
attendaient un syrop epais
pour y cuire a tres petit feu
et devenir tendres peu a peu.
le syrop doit etre parfait
disaient nos coings impatientes
il nous faut un demi verre d’eau
et du sucre, un quart de kilo
quand le sucre perle fera
qu’il epaississe tu attendras
en tournant ta cuillere en bois
qu’il n’attache pas ca va de soit
en nous saupoudrant de canelle
comme toi de poudre ma toute belle
tu mettras la derniere main
a ton oeuvre de magicien
et nous, tout heureux, encore chauds
te tirerons notre chapeau
et faisant un sourire en coing
dirons, mangez nous sommes a point.
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By Violette, on October 2nd, 2008% J’ai decouvert il y a quelque temps qu’un excellent chanteur israelien avait enregistré des piyutim, ces chants venus de tres loin , composés par des âmes d’hommes rares.
Voici le lien vers le site d’Ehud Banai ou on peut ecouter 3 de ces magnifiques poemes a la gloire de la vie et du Createur de toute chose: ecoutez
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