Blog de Marie-Jeanne

March 5, 2008

5 mars

Filed under: Auteurs/Writers, Jerusalem, Paris, vie — Tags: , , , , , , , — Marie-Jeanne @ 11:00 am

un 5 mars ,deux fois , le monde n’est plus ce qu’il lui semblait  etre ,sur , lumineux, difficile souvent mais toujours ouvert pour un avenir radieux.

Comme son amie Lano , ce personnage etait une incurable optimiste; mais en plus elle avait l’arrogance de penser que sa seule volonte et ses efforts suffisaient pour rendre heureux tous ceux qui vivaient aupres d’elle et les faire vivre eternellement. Elle avait appris enfant qu’elle etait responsable de tout ce qui se passait et avait pris la chose si au serieux qu’elle y avait cru jusqu’a ce jour. La lecon fut plutot cruelle mais le temsp fait si bien les choses qu’elle s’en est remise et m’a donc raconte en riant cette histoire .

Enfant cherie par son pere et sa grand mere, estimee par sa mere, elle avait grandi dans une famille aimante mais dans  un pays en guerre et a une epoque de violences telles que la violence familiale lui paraissait normale puisqu’elle n’avait aucune autre echelle de comparaison. La violence comme norme, la brutalite des hommes, leur douceur aussi lui apprit tres tot qu’elle n’avait rien a craindre d’eux parce qu’elle avait eu une illumination un jour: “ce grand monsieur si important avec ses beaux yeux bleux s’il crie et vocifere contre ma maman, c’est qu’il a peur ; s’il a peur c’est qu’il a perdu, donc je ne dois pas crier; si je crie c’est que j’ai peur et si j’ai peur j’ai perdu”….. en bref , cette petite devient tout simplement etrange parce qu’elle etait devenue adulte .

Elle grandit donc dans le bruit et la fureur et devient une femme puis une mere et passent de longues et pleines annees  d’aventures qu’elle me racontera plus tard. Elle veut maintenant parler de la mort de ses parents, sa mere un cinq mars et un an plus tard, dans ses bras son pere tant cheri . Apres la mort de la mere , son pere lui avait demande de l’accompagner chez son  troisieme fils Djebril qui habitait la capitale. Il esperait que celui ci lui offrirait de rester chez lui pour y passer ses vieux jours. Arrives a la porte de la maison de Djebril, me dit elle, elle vit son frere sortir en roulant des epaules et trainant les pieds dans de vieilles babouches, sortir  donc pour tancer le chauffeur qui ne souhaitait pas assister a cette reunion de famille. Le pere et elle se retrouverent donc seuls face a la bru, Zulma, une demi naine malodorante debout derriere la chaise roulante de  sa jumelle, une ancienne tenanciere de bordel dans le sud du Maghreb. Au premier coup d’oeil on pouvait comprendre que le malheureux Djebril vivait sous la ferule de ces deux vieilles  primates aussi , n’echangeant qu’un adieu  et devant le regard de detresse de son pere , elle lui prit la main et ne la quitta plus jusqu’a l’aeroport ou un avion les ramenait a Paris.

La , elle fut accueillie par son fils et son amour et le temps d’une courte annee son pere vecut aupres d’eux, entoure de ceux qui l’aimaient et le respectaient; le cinq mars suivant , l’annee du deuil de son epouse bien aimee terminee, il mourut comme un roi entoure de son fils aine, de son petit fils et de sa fille qui l’accompagnerent jusqu’a son dernier souffle.

L’histoire ne s’arrete pas la mais son amie Lano m’ayant raconte presque la meme histoire, j’ai voulu vite l’ecrire et il faudra que je retravaille tout ca. Je les connais toutes deux ; elles sont grands meres aujourd’hui mais apparement sont restees de toutes petites filles qui se sentent abandonnees. C’est peut etre pour cela qu’elles sont des grands meres si devouees et si attentives a ne donner que de la joie et du courage a leurs petits enfants.

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