Encore un chant de gloire a la vie pour ce nouvel enfant chez Lano qui est grand mère pour la deuxieme fois cette semaine. Et en plus , hurlement de la féministe en moi, c’est un garçon. Le bonheur absolu. Je sais , c’est un paradoxe mais la naissance d’un garçon est toujours extraordinaire parce qu’elle porte en elle, tous les espoirs d’un monde meilleur.
petit garçon vient de naitre, tous les espoirs sont permis ….
Ecologie!
les fleurs attendent le roseau plie
les mers et les fleuves font greve
la terre est toute prete a craquer
le monde a oublie ses reves
je ne peux me laisser aller
bien au chaud le nez enfoui
sous sa couverture de nuages
le ciel a enferme la pluie
et me voila marbree de rage
l’orage rit bete a pleurer
tu ne peux me laisser aller.
bientot le soleil sera la
il m’aidera j’en suis bien sure
elle va fondre la couverture
et dans chaque trou je mettrai
goutte de reve et grain d’ivraie
je ne peux les laisser aller
l’algerie celle de mon enfance ,
etait en forme d’esperance
c’etait bien avant les errances
avant le temps de la souffrance
c’etait, elle etait, la france.
elle etait le rire de mon pere
les yeux d’emeraude de ma mere
les jeux sous l’oeil de mon grand pere
les dentelles de ma grand mere
et surtout et toujours la mer.
le credo c’etait nous d’abord
et le soleil saupoudrait d’or
notre realite ca alors!
et puis sont venus nos quinze ans,
et leurs longues plages de temps
l’angoisse remplacait les plans
qu’on fait en guettant ses vingt ans
l’avenir n’etait pas tentant.
dans l’algerie de mes vingt ans,
les larmes eurent le gout du sang
du sel, de reves mouvants.
nous vivions en technicolor
nous voulions que ca dure encore
tu partiras disait le vent
nous resterons disaient les gens
et sachant bien qu’ils se mentaient
ils s’obstinaient a emietter
les derniers morceaux d’une histoire
fleurant la mer et le terroir.
dans l’algerie de mes vingt ans
les larmes avaient le gout du sang.
l’algerie de mes soixante ans
n’ est rien qu’une douloureuse absence
sans elle je m’en vais boitant.
dans une chappe de silence
j’ai enfoui mes nostalgies
et les dedales de ma ”malvie”
ils sont la bas mes disparus
ils m’attendent au coin d’une rue
nous n’aurons pas eu d’avenir
nous ne voulions pas du passe
nous ne pouvons pas revenir
vases brises, vases casses
Z
z….ne pouvait plus dire: la maison de ma mère,elle avait été vendue , on ne lui avait pas demandé son avis, et tout d’un coup c’était comme s’il n’avait pas eu d’enfance ou d’adolescence, comme si un souvenir qui n’a pas de support physique, devenait un pur produit de l’imagination, une histoire que l’on se raconte pour pouvoir se raconter aux autres, sortir de l’enveloppe de son propre corps , être ailleurs, être libéré de ses autres soi.cette maison ca n’était pourtant pas grand chose vingt neuf mètres carrés dans le cinquième arrondissement , dans lesquels ils avaient habité à sept; pas de chauffage , un vieux linoléum sous lequel ils avaient du éplucher des couches de journaux successives qui permettaient de remonter jusqu’à 1914; comble de l’horreur, il n’y avait pas de salle de bains , et les wc étaient communs et à l’étage au dessous. piètre consolation, l’épluchage avait mis à jour des tomettes rouges qui leur rappellèrent inévitablement leur appartement de la rue Rovigo. Cette prise de contact brutal avec la réalité française était inimaginable pour des pieds noirs qui avaient toute leur enfance entendu chanter Paris , ses merveilles et ses appartements comme au cinéma. Ils n’étaient pas riches pourtant contrairement aux idées reçues, ils n’avaient colonisé personne , n’avaient pas eu d’autre domestique qu’une vieille kabyle deux heures trois fois par semaine, une vieille kabyle dont le leit motiv lui reviendrait souvent dans les années à venir la loi la loi l’argent l’argent, que voulait elle dire , sans doute que la charrette monde est traînée par ces deux chevaux fous et conduite par ceux qui possèdent l’un et transgressent les autres…
a suivre
